D'où viennent les nitrates et les pesticides dans l'eau, pourquoi une nappe met des années à s'en défaire, quels sont les seuils — et pourquoi aucun test de terrain ne les révèle.
Les nitrates proviennent essentiellement des fertilisants azotés et des effluents d'élevage ; les pesticides, des traitements des cultures. Les uns comme les autres s'infiltrent avec la pluie et rejoignent les nappes. À l'échelle nationale, ce sont les deux principales causes de déclassement de l'état chimique des masses d'eau souterraine : la pollution de l'eau souterraine française est d'abord une pollution diffuse d'origine agricole.
C'est la différence essentielle avec une rivière. Un cours d'eau se renouvelle en quelques jours : coupez la source de pollution, il s'éclaircit vite. Une nappe, elle, se renouvelle sur des années, parfois des décennies. Une contamination interrompue aujourd'hui continuera d'apparaître longtemps aux analyses, le temps que le volume pollué migre et se dilue. Cette inertie explique pourquoi la protection des captages est une politique de long terme, et pourquoi une eau souterraine « propre » ne se répare pas d'un décret.
Pour l'eau destinée à la consommation humaine, la limite de qualité est de 50 mg/L pour les nitrates. Pour les pesticides, elle est de 0,1 µg/L par substance individuelle et de 0,5 µg/L pour le total des substances mesurées — des seuils volontairement très bas, fixés par précaution et non par toxicité démontrée à ces concentrations. Où Boire ? affiche le relevé de nitrates de l'eau distribuée dans la commune et signale explicitement un dépassement de cette norme.
Nitrates et pesticides sont incolores, inodores et sans saveur. Aucune observation de terrain — limpidité, fraîcheur, goût, absence de mousse — ne les détecte. Ni l'ébullition, ni la filtration de randonnée ne les éliminent : ces méthodes visent les micro-organismes, pas les molécules dissoutes. Seule une analyse de laboratoire les révèle. C'est la raison pour laquelle l'application ne prétend jamais rien sur la composition chimique d'une source sauvage : personne ne l'a mesurée.
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