Ce qu'est une source, comment elle se forme (aquifères, nappes), les grands types — résurgence, source vauclusienne, estavelle, source intermittente — et comment elles sont cartographiées.
Une source est le lieu où l'eau souterraine émerge naturellement à la surface. L'eau de pluie s'infiltre dans le sol, s'accumule dans les roches poreuses ou fissurées — les aquifères — et en ressort là où la nappe recoupe la topographie : au flanc d'un vallon, au pied d'un versant, à la faveur d'une faille ou d'un changement de terrain. Le débit d'une source dépend donc directement de la recharge de sa nappe par les précipitations, avec un décalage qui va de quelques jours (karst) à plusieurs mois (grands aquifères sédimentaires).
Source de déversement : la nappe déborde au point bas de l'aquifère — c'est le cas le plus courant en montagne. Résurgence : réapparition d'une eau qui s'était enfoncée plus haut (souvent en terrain calcaire) ; la Fontaine de Vaucluse, l'une des plus puissantes résurgences d'Europe, en est l'exemple français emblématique. Source vauclusienne : résurgence en conduit remontant, qui lui doit son nom. Estavelle : orifice karstique qui fonctionne alternativement en perte (l'eau s'y engouffre) et en source (elle en ressort) selon la saison. Source intermittente : débit périodique ou saisonnier, fréquent en karst.
Rien ne le garantit a priori. Contrairement à l'eau du robinet, contrôlée en France par les Agences régionales de santé, l'eau d'une source sauvage n'est soumise à aucune surveillance : sa qualité varie avec la météo, l'élevage en amont, la nature du sol. Une eau limpide et froide peut être contaminée (bactéries, parasites, nitrates). Seules la signalétique officielle sur place — « eau potable » / « eau non potable » — et, à défaut, la désinfection (ébullition, filtration) permettent de boire sereinement.
Quelques indices trahissent une source, même discrète. La végétation d'abord : joncs, prêles, menthes aquatiques, saules ou aulnes tranchent sur un versant sec — ce sont des plantes qui ne poussent que les pieds dans l'eau. Le sol ensuite : une zone qui reste boueuse ou verte en plein été, des dépôts de tuf (calcaire redéposé), des mousses gorgées d'eau, un mince filet qui coule sans tarir. La toponymie, enfin : les lieux-dits en Font, Fontaine, Fond ou Doue signalent souvent une émergence connue de longue date. Ces repères aident à retrouver sur place un point que la carte annonce à quelques dizaines de mètres près.
La base collaborative OpenStreetMap recense les sources du monde entier sous l'étiquette natural=spring, avec des attributs facultatifs (nom, potabilité déclarée, caractère saisonnier). C'est cette donnée, croisée avec les relevés de terrain des utilisateurs, qu'affiche la carte Où Boire ? — en gardant à l'esprit qu'une donnée contributive n'est jamais exhaustive ni garantie.
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Où Boire ? — la carte des sources d'eau de France
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